Rece rock: je vois Naples puis j’engraisse

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Vous connaissez le dicton « voir Naples et puis mourir« ? Moi contrairement à Goethe Je vois Naples puis j’engraisseà tel point qu’à chaque fois à mon retour je suis obligé de prévoir une visite au magasin le plus proche Pitran Plus Tailles. Il suffit en effet de descendre du train et de quitter la gare de Napoli Centrale pour se retrouver immédiatement catapulté dans un cercle de Dante fait de pâtisseries, plats à emporterpizzerias et trattorias qui semblent avoir été créées par Dr Nowzaradan depuis Vivre jusqu’à la limite et ses comptables. Même pas le temps de me dégourdir les jambes et d’allumer la première cigarette (strictement de la contrebande) dans laquelle je me fais tout de suite aspirer pâtisserie devant la gare, Coeurs de Sfogliatella, où ils cuisent sfogliatelle et babà à la même vitesse qu’un hippocampe accouche. De là commence ma tournée napolitaine, avec la moustache et le col de la veste déjà blanchis au sucre en poudre. Je ressemble pratiquement Tony Montana dans Scarface.

Bien sûr, vous ne pouvez pas visiter cette belle ville sans manger au moins une pizza par jour. Ce serait un peu comme aller sur l’île de Favignana et séjourner dans un hôtel deux étoiles pour se baigner dans une piscine gonflable. Il y a beaucoup d’endroits où l’on peut manger d’excellentes pizzas napolitaines, celle qui pour nous romains a une haute corniche comme le rebord d’un canot pneumatique Cap Horn Night Hawk 200. L’un des lieux de culte de la vraie pizza napolitaine est évidemment De Gino et Toto Sorbillo, où habituellement la file d’attente pour entrer rappelle celle du péage de Roma Nord le 31 août au retour de vacances. Au lieu de cela, profitant d’un moment que même un Danois aurait jugé trop tôt pour un dîner, je peux facilement entrer et trouver une table au deuxième étage. Sans perdre de temps et pour récupérer immédiatement la perte de calories due aux escaliers, j’en commande un pizza frite farcie de ricotta, basilic, fiordilatte et cicoli napolitain (c’est-à-dire des résidus solides de graisse de porc bouillie et égouttée) qui a la forme et le poids d’un vieux sac Tolfetan, celui qui était à la mode chez les freaks des années 70. Pas mal comme apéritif. Pas content, je décide d’essayer la pizza Diable (avec salami Faicchio, tomate bio, piment, mozzarella de bufflonne, parmesan, basilic, huile d’olive) qui a la circonférence d’un cerceau et cela me fait flipper comme si l’un des monstres susmentionnés m’avait servi une carte imbibée de LSD. Ici aussi Pizza Adrien (avec tomate bio, ricotta, mozzarella de bufflonne, basilic, huile d’olive) est spectaculaire et j’aimerais me lever et crier son nom en tant que Sylvester Stallone dans Rocheux après la rencontre contre Apollo Creed.

L’Antica Pizzeria Da Michele c’est un autre arrêt obligatoire pour y manger vraie pizza napolitaine. Ici aussi, il y a généralement une ligne comparable à celle que vous feriez dans Przemyl pour gifler Matteo Salvini, mais aussi cette fois grâce au temps où même une Clarisse d’un couvent d’Assise ne mangeait pas, je peux trouver une place. Chaque table porte le nom d’une des célébrités qui ont visité la pizzeria et on m’attribue le Loi de Jude. Ils ont dû voir en moi la ressemblance évidente avec l’acteur anglais ou, plus vraisemblablement, Bombolo n’est jamais venu manger une pizza ici. Le menu, maigre et preuve de démence sénile, ne propose que 4 types de pizzas (margherita, marinara, cosaque et marita) et 3 boissons (Coca-Cola, Fanta et bière Nastro Azzurro). Après une margherita classique et très bonne, que j’ai mangée avec la même rapidité avec laquelle j’ai dribblé juste avant les vendeurs de fantômes illégaux de la Via dei Tribunali, j’ai eu envie d’essayer la fameuse Pizza cosaque (avec tomate, pecorino râpé au lieu de mozzarella, basilic et huile). Il semble que le nom dérive du séjour effectué en Sicile et à Naples par le tsar Nicolas Ier et son épouse Aleksandra Fёdorovna en tant qu’invités des Bourbons. En fait, il semble que la tsarine souffrait de tuberculose et avait besoin d’un climat plus chaud que celui de Pétersbourg. Elle guérit effectivement de la tuberculose mais, à force de manger des arancini et des pizzas, elle rentra chez elle avec le corps d’une matriochka et souffrant de cholestérolémie. La facture, dans les deux pizzerias, ne dépasse pas 15 euros par personne. J’ai dépensé plus pour remplir mon scooter la semaine dernière.

Pendant la période de Pâques, la cuisine napolitaine déjà généreuse s’enrichit de quelques éléments essentiels tels que soupe de moules (en fait à l’intérieur il y a aussi du poulpe, des crevettes et de la seiche) parfumé à la tomate, à l’ail et au persil. Du pain croustillant ou des taralli sont ajoutés au fond de l’assiette, ce qui en tout cas ne vous empêchera pas de demander deux pains de plus pour faire la chaussure dans le bouillon. Étant avide de tout type de coquillages, j’ai commencé ma recherche spasmodique de ce plat avec le même enthousiasme avec lequel Fantozzi, ayant appris sa mort imminente, passe de Gennaro O’ Vibrione manger quatre kilos de moules crues. J’ai pu goûter cette soupe traditionnelle dans deux endroits bien connus et recommandés par les Napolitains eux-mêmes. Au À ‘Taverna Do’ Reun restaurant familial bien connu à deux pas du Maschio Angioino, j’en ai mangé un excellent, avec un bouillon sensationnel dans lequel je me suis plongé comme un plongeur qui doit marcher sur les fonds marins.

Une fois arrivé à la surface et retiré le scaphandre, j’ai voulu essayer le i aussi Mezzanine de style génois napolitain Gragnano, dont le nom est une supercazzola géographique qui dérive de la présence probable de cuisiniers génois en terre napolitaine au XVIIe siècle. Il s’agit d’une pâte crémeuse au ragù blanc faite avec une tonne d’oignon. Incroyable, même si après l’avoir mangé votre haleine fera ressembler la décharge de Malagrotta à un champ de lavande. Un autre plat de la tradition napolitaine sont les spaghettis à la luciana avec une sauce au poulpe cuit dans une poêle en terre avec beaucoup d’ail. J’ai beaucoup aimé, même si les éclaboussures de sauce font ressembler mon T-shirt à la guitare d’Eddie Van Halen. A suivre, un excellent cabillaud rôti au brocoli et, pour honorer la prochaine sainte Pâques, une tranche de pastiera maison pour le dessert.

La deuxième soupe de moules que j’ai mangée dans un commerce historique de Via Foria, Vers Figlia d’o Marenarorestaurant renommé toujours ouvert, au mobilier moderne, somptueux et raffiné, dirigé par le célèbre et très élégant Assunta Pacifique. Le menu est aussi long et passionnant qu’un roman de Stephen King et choisir parmi cette variété infinie de plats de poisson me rend aussi anxieux qu’un démineur qui doit décider quelle ligne couper pour désamorcer une bombe. L’ambiance est un peu trépidante, il y a un va et vient constant et on peut être servi par une dizaine de serveurs très efficaces sans avoir le temps de s’attacher à aucun d’entre eux. La seule présence fixe aux tables est celle de l’incontournable chanteur néo-mélodique qui, si vous avez la malencontreuse idée de lui donner de la ficelle, restera attaché à vos oreilles à vous débiter des classiques napolitains pendant au moins une demi-heure. Heureusement, mon expression est impassible de moai de Rapa Nui combiné à ma pauvreté mal dissimulée l’ont fait abandonner immédiatement et j’ai pu goûter en paix ce que tout le monde croit être la meilleure soupe de moules de Naples. Selon tous sauf un. Comparé à celui que j’ai mangé la veille, je l’ai trouvé un peu fade et un peu trop sécher, à tel point que pour fabriquer la chaussure je n’ai utilisé qu’une seule tranche de pain. Un mauvais dossier pour moi. J’ai observé cette petite sauce avec la même expression mélancolique avec laquelle je regarde habituellement les quelques millilitres de vin versés dans mon verre lors d’une dégustation.

Mais la plus grande déception vient peu de temps après, lorsqu’un des six cents serveurs qui passent me dit que les couteaux sont finis, pour un kilo dont je serais prêt à vendre ma mère et un couple de tantes. Après avoir pleuré comme Dan Harrow sur l’Ile des Célèbres, j’ai repris courage avec une très bonne soutè de truffes de mer (évidemment je ne savais pas qu’il s’agissait de mollusques bivalves semblables à des palourdes avec une coquille aussi épaisse et dure qu’un diamant dans une salle de bain des années 60) qui méritaient un sabot minutieux et un nettoyage de la plaque que même un lave-vaisselle Bosch Série 4 n’aurait pas obtenu . Comme premier cours, je voulais essayer le paccheri au crabe, bon et délicat, même s’il a fallu demander une lance thermique pour ouvrir la carapace du crustacé et manger la pulpe. En seconde j’ai opté pour une friture de fruits de mer très savoureuse servie dans un cuoppoc’est un cône en papier de la taille du mégaphone d’un réalisateur de film des années 1950.

Après un tel repas, l’idéal serait de faire une longue marche pour disposer d’au moins un tiers des calories accumulées, mais un Naples c’est impossible. nombreux sur le chemin fours Et stands de nourriture de rue ils m’attirent comme Ulysse l’était par le chant des sirènes. N’ayant pas trouvé de mât pour m’attacher dans la rue, je me suis senti le devoir d’en goûter un omelette aux pâtes (généralement bucatini avec béchamel, jambon cuit et petits pois), un Sandwich napolitain (fourré de salami, cicoli, œufs durs et fromage) et, toujours pour honorer la Sainte Pâques, un mini-casatiello. En pratique, la seule sirène que j’ai risqué d’entendre est celle de l’ambulance, en direction de l’hôpital Cardarelli. Ma visite se termine plutôt par le triste retour à la gare centrale après trois jours de pure libido culinaire et mon retour à Rome me fait me sentir un peu comme Cicciolina après avoir traversé la ménopause.

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